Symphonie n°4 de Gustav MAHLER

Symphonie n°4 en sol majeur

Gustav MAHLER (1860-1911)

La symphonie n°4 de Gustav Mahler, commencée à Aussee en 1899, est terminée l'année suivante à Maierniggam-Wörthersee, en Carinthie, où Mahler se fait construire une maison où il passera tous ses étés jusqu'en 1907. Les liens de cette oeuvre avec les précédentes, et notamment avec le Wunderhorn sont patents. Écrite avec peine par Mahler, qui craignait une fois encore de voir se tarir son inspiration, la Quatrième Symphonie constitue un tournant dans l'oeuvre du compositeur. L'ascension qu'il avait entreprise avec ses trois premières symphonies, chacune durant plus que la précédente et comportant un mouvement supplémentaire, se voit rompue par la quatrième symphonie. L'effectif instrumental retrouve des proportions plus habituelles, notamment s'agissant des cuivres, réduits ici à quatre cors et trois trompettes. (On est bien loin du groupe de dix cors, huit trompettes, quatre trombones et un tuba de la deuxième symphonie.)

La structure initiale en six mouvements est refondue en quatre. Mahler abandonne ainsi la sollicitation d'un choeur, mais n'en délaisse pas pour autant la voix : trois mouvements instrumentaux préparent le quatrième mouvement, lied pour soprano et orchestre, tiré du Wunderhorn. Initialement destiné à constituer le septième mouvement de la troisième symphonie, ce lied, composé dès 1892, est inspiré d'un chant populaire bavarois « Der Himmel hängt voll Geigen » (Le ciel est rempli de violons), et commande le développement de l'intégralité de la symphonie. Ainsi, le thème principal du lied énoncé pour la première fois dans le premier mouvement de la symphonie, par quatre flûtes à l'unisson, utilisées comme un instrument à part entière.

Mahler compense ici la réduction des effectifs par leur savant dosage, organisant l'orchestre en petits groupes de musique de chambre, disposés à développer des émotions diverses. C'est en effet un esprit enfantin et naïf qui guide la construction de cette symphonie, et la progression vers le paradis, évoquée par la soprano dans le quatrième mouvement. Les thèmes développés sont plus facilement préhensibles que de coutume, même si l'aboutissement de chaque ligne mélodique requiert le concours de l'ensemble des pupitres.

Psaume n°42 "Wie Der Hirsch Schreit", op. 42

Felix MENDELSSOHN-BARTHOLDY (1809-1847)

ImageFormation de Chambre du COGE interprétant le Psaume n°42 "Wie Der Hirsch Schreit" de Felix MENDELSSOHN, en l'Église Sainte Marie des Batignolles (Paris 17e) le jeudi 4 décembre 2008.

Le Psaume 42 est une partie souvent méconnue de l’oeuvre religieuse du compositeur. Cette pièce fut composée en 1837 lors du voyage de noces de Félix Mendelssohn avec sa jeune épouse Cécile Renaud, fille d’un pasteur de la communauté huguenote francfortoise. Ce déplacement en pays rhénan inspira au compositeur la majeure partie de l’oeuvre, qu’il achèvera de retour à Leipzig, en y ajoutant le choeur final. Les paroles de ce dernier ("Preis sei dem Herrn, dem Gott Israels") ne font d’ailleurs pas partie du texte religieux du Psaume 42.

La création a lieu à Leipzig, le 1er janvier 1838, la cantatrice anglaise Clara Novello assurant la partie de soprano solo. Très rapidement, Mendelssohn choisit d’y adjoindre quatre autres pièces, d’un caractère assez différent de la version initiale. L’effectif s’étoffe : trompettes, trombones et timbales participent dès lors à la mise en relief de l’esprit de recueillement qui caractérisait originellement cette pièce de Mendelssohn. Le compositeur dirigera cette seconde version lors d’un concert de charité le 8 février 1838, mais également le 21 mars 1839, jour de la création de la Symphonie en Ut Majeur de Schubert.

Robert Schuman, qui admirait profondément le jeune Félix, vit dans cette oeuvre une pièce maîtresse de l’oeuvre de Mendelssohn, et une oeuvre majeure de la musique religieuse de son époque. De prime abord, la mise en musique de ce psaume étonne de la part d’un jeune marié, car il illustre l’appel au secours d’une âme désespérée, assoiffée de Dieu. Il s’agit en réalité d’un cadeau de grande valeur fait à sa jeune épouse. Le compositeur y manie douceur, mélancolie et prière à Dieu avec un raffinement certain, en accord parfait avec le bonheur qu’il vivait alors. Mendelssohn ne cherche en effet pas à s’offrir à Dieu dans un pathos déchirant, mais use du chant délicatement voilé et plaintif du psalmiste. Une couleur si particulière et pudique en dit long sur le tempérament de Mendelssohn, qui choisit d’écrire cette partition dans une tonalité pastorale (Fa Majeur).

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