Cantate BWV 198 (Trauer-Ode) “Laß, Fürstin, laß noch einen Strahl

Cantate BWV 198 (Trauer-Ode) “Laß, Fürstin, laß noch einen Strahl”

Jean-Sébastien BACH (1685-1750)

L’œuvre connue sous le nom de Trauerode (« ode funèbre »), BWV 198, fut composée par Bach à l’occasion de l’hommage rendu par l’Université de Leipzig à Christiane Eberhardine de Brandenburg-Bayreuth, l’épouse de Frédéric-Auguste I er , Électeur de Saxe et roi de Pologne, le 15 octobre 1727 ; elle est classée parmi les « cantates profanes » de Bach. On comprendra mieux, néanmoins, le statut de cette œuvre si l’on considère le titre que lui donne Bach dans le manuscrit autographe : « Tombeau de S. M. la Reine de Pologne », en français dans le texte. L’usage du français n’est pas seulement protocolaire, comme il l’est dans la dédicace des très italiens « Concertos brandebourgeois», BWV 1046-1051, qui s’intitulent en réalité « Six concerts avec plusieurs instruments ».

La référence explicite à l’antique genre du tombeau, à la fois littéraire et musical, se retrouve en effet dans la musique, en particulier dans l’instrumentation : Bach, en plus des hautbois et des violons habituels, y utilise en effet deux luths et deux violes de gambe, pour lesquels les compositeurs du XVIIe siècle, notamment français, ont composé les plus beaux tombeaux, à la mémoire de notables, mais aussi de leurs collègues musiciens disparus. L’air d’alto n°5 les exploite magnifiquement ; ils jouent également à l’unisson la basse obstinée de l’air de ténor n°8. Bach utilise encore une paire de flûtes traversières, autres instruments français. Enfin, le premier chœur de la cantate donne un des rares exemples de notation, par Bach, des notes inégales françaises.

Le « Tombeau » se divise en deux parties : la première se termine par le chœur n°7, après quoi la cérémonie à l’Université de Leipzig se poursuivait par un éloge funèbre. L’Ensemble Vocal du COGE et le Concert Latin ont décidé de conserver cette séparation en deux parties, qui est la plupart du temps ignorée lors de l’exécution de cette œuvre comme de celle des Passions, par exemple, mais de remplacer l’éloge funèbre par des pièces françaises.

Dans ses quatre Nations, quasiment contemporaines, puisque parues en 1726, et que connaissait Bach, qui transcrivit une des pièces pour l’orgue, Couperin prétend imiter les tempéraments de la France, de l’Espagne, de l’Empire et de l’Italie ; l’Impériale nous a donc semblé toute appropriée pour compléter le Tombeau de Bach, même si cette sonate en trio n’entretient que des rapports lointains avec la musique allemande. Nous avons également choisi trois scènes d’opéras de Lully, que nous donnons avec leur instrumentation complète de clavecin, basse de violon, viole et luth. Deux monologues de dépit amoureux, « Espoir si cher et si doux », extrait d’Atys, et « Il me fuit, l’inconstant, il m’ôte tout espoir », extrait de Phaëton, ainsi qu’une scène de Proserpine, où la déesse Cérès apprend de la bouche d’Alphée et Arétuse que c’est par Pluton que sa fille a été enlevée. Enfin, nous avons extrait de La descente d’Orphée aux Enfers de Charpentier l’un des airs où Orphée tente de fléchir Pluton ; sa lyre est ici figurée par deux violes obligées.

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