Symphonie n°3 avec orgue de SAINT-SAËNS

Symphonie n°3 pour Orgue en do mineur, op. 78

Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)

La Symphonie n° 3 en ut mineur avec orgue fut composée en 1886 à la suite d’une commande de la Royal Philharmonic Society de Londres. C’est en fait la cinquième (et dernière) symphonie de Camille Saint-Saëns, celui-ci ayant répudié ses oeuvres de jeunesse. La symphonie fut créée le 19 mai 1886 à Saint-James Hall à Londres, sous la direction du compositeur. Malgré le manque de répétitions (en raison de retards dans l’édition du matériel d’orchestre), l’oeuvre fut longuement acclamée et obtint un succès retentissant dans le milieu musical.


Extrait du quatrième mouvement Maestoso de la Symphonie n°3 pour Orgue en do mineur, op. 78, "Organ Symphony" de Camille SAINT-SAËNS (1835-1921) interprété par l'orchestre de la Formation Symphonique en l'Église Saint-Eustache, Paris, France.

La première Française de l’oeuvre eut lieu à Paris le 9 janvier 1887 à la Société des concerts du conservatoire. La musique symphonique connut à cette époque une révolution, alors que l’opéra avait occupé en France une place prépondérante jusque dans les années 1880. En moins de dix ans, Saint-Saëns (trois symphonies entre 1882 et 1885), Lalo (Symphonie en ré mineur, 1884), Franck (Symphonie en ré mineur, 1885), d’Indy (Symphonie sur un chant montagnard français, 1885) et Chausson (Symphonie en si bémol majeur, 1889) créèrent les plus grandes pièces symphoniques françaises du XIXe siècle. Il est évident que le développement de l’orchestre dit « de la Société du Conservatoire » permit l’essor inattendu de cette forme musicale. Cette Troisième Symphonie marque l’apogée du genre : elle constitue le point de liaison entre la Symphonie fantastique de Berlioz (1830) et la Symphonie Turangalîla de Messiaen (1948).

Scherzo fantastique, op. 25

Josef SUK (1874-1935)

Le Scherzo fantastique écrit en 1903 est probablement, avec la Fantaisie pour violon composée quelques mois auparavant, l’une des oeuvres les plus célèbres de Josef Suk. Régulièrement inscrite aux programmes des orchestres symphoniques russes, l’oeuvre reste peu jouée en Europe et aux États-Unis. Le compositeur, alors âgé de 29 ans, reconnu par ses pairs, par les critiques et le public, heureux en mariage avec la fille d’Antonin Dvořak, vivait alors les plus belles années de sa vie. Suk était passionné, comme Dvořak, par les contes et les fables fantastiques de la tradition bohémienne. Ainsi, il composa, quelques années avant le Scherzo fantastique, Radusz et Mahulena (qui devint d’ailleurs Un conte de fées une fois adapté sur scène), Contes d’été (1907) ou Pod Jabloni (1912). La partition, créée à Prague le 18 avril 1905 par le chef d’orchestre Karel Kovařovic et l’Orchestre symphonique de Prague, connut un franc succès en Bohême. Sibelius fut très impressionné lorsqu’il entendit cette oeuvre : il expliqua plus tard que « En Saga n’aurait jamais vu le jour sans Suk et son Scherzo fantastique ». L’année suivante, l’oeuvre fut reprise aux États-Unis par l’Orchestre philarmonique de New-York. L’accueil fut sans conteste moins chaleureux, comme l’atteste la critique du New York Times du 14 février 1906 : « Le Scherzo fantastique est une pièce brillante dans le style rococo ; trop longue incontestablement, au regard des idées qu’elle contient, mais composée avec une grande habileté et un sens aigu de la composition : chacune de ses idées donne lieu à des couleurs orchestrales brillantes et scintillantes. Il semble inévitable que Suk nous rappelle qu’il est le beaufils d’un grand bohémien ; de toute manière, il ne cherche pas à cacher ni déguiser son amitié avec Dvořak, ni sa propre origine slave, qui apparaissent largement dans son Scherzo ». Comme le signale le critique du New York Times, l’influence d’Antonin Dvořak est incontestable, notamment dans les couleurs, la vitalité rythmique et plus généralement dans la poésie qui se dégage de l’oeuvre. Toutefois, il est important de souligner l’habileté et l’inventivité du langage harmonique et mélodique du jeune compositeur.

Messe n°2 en mi mineur

Anton BRUCKNER (1824-1896)

PhotoLe choeur de la Formation Symphonique interprétant la Messe n°2 en mi mineur d'Anton BRUCKNER (1824-1896) sous la direction de Patrizia METZLER en l'Église Saint-Eustache, Paris, France.

En 1866, Anton Bruckner reçut une commande de l’évêque Franz Joseph Rudigier pour composer une messe pour la messe de consécration de la cathédrale néo-gothique de Linz, alors en construction. La Messe en mi mineur, rapidement achevée, ne fut pourtant jouée que trois ans plus tard. Elle fut tout de suite saluée par la critique comme l’une des oeuvres majeures de l’époque.


Extrait du Kyrie de la Messe n°2 en mi mineur d'Anton BRUCKNER (1824-1896), enregistré le samedi 31 mai 2008 en l'Église Saint-Eustache, Paris.

L’évêque, impressionné par la messe écrite, rétribua Bruckner et lui offrit un caveau dans la crypte de la cathédrale. Après avoir été jouée pour la première fois à Linz, Bruckner modifia l’écriture de certains passages. Entre 1876 et 1882, il reprit l’architecture musicale de la messe et améliora quelques phrases mélodiques. C’est la seconde version que vous entendrez ce soir. Parmi les trois messes que Bruckner a composées à Linz, la messe en Mi mineur occupe une place particulière.


Extrait du Credo de la Messe n°2 en mi mineur d'Anton BRUCKNER (1824-1896), enregistré le samedi 31 mai 2008 en l'Église Saint-Eustache, Paris.

Si les orchestrations des messes en Ré mineur et en Fa mineur sont dominées par l’esthétique de la symphonie classique, la force et l’originalité de la messe en Mi mineur réside dans le lien qu’elle établit entre le style musical ancien de Palestrina et la façon moderne de manier les instruments. Dans cette oeuvre, Bruckner mêle en maître plusieurs styles musicaux et réussit à unifier quinze instruments à vents à un choeur de quatre à huit voix pour créer un timbre unique et inoubliable.


Extrait du Credo de la Messe n°2 en mi mineur d'Anton BRUCKNER (1824-1896)
Enregistré le samedi 31 mai 2008 en l'Église Saint-Eustache, Paris.
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